
L’honneur m’échoie cette matinée afin de situer le contexte d’opérationnalisation de la région en tant que collectivité décentralisée.
En effet, nous sommes à un tournant historique de notre gouvernance territoriale. Si la Guinée a fait le choix de la décentralisation dès 1985, le diagnostic actuel nous impose une vérité : l’existence d’un seul échelon de collectivités (les communes) a longtemps limité notre capacité à porter un développement structurant.
L’heure n’est plus aux simples intentions. Le Code révisé des Collectivités Locales de 2017 a déjà tracé le sillon en reconnaissant la Région comme une personnalité juridique morale, dotée d’une autonomie financière et organique. Ce cadre législatif, conforté par la dynamique de refondation actuelle, fait de la région non plus une simple circonscription administrative dirigée par un Gouverneur, mais un moteur de développement régional capable de fédérer les actions des communes de base.
Sous l’impulsion du Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), nous avons engagé une réforme profonde visant à stabiliser notre territoire. L’opérationnalisation des régions répond à trois impératifs majeurs :
La proximité : Rapprocher les centres de décision du citoyen pour une gouvernance plus réactive.
La mutualisation : Permettre aux petites communes, souvent enclavées, de partager des ressources et des services communs.
La sécurité : Renforcer la gestion de nos espaces frontaliers et la stabilité sociale face aux défis sous-régionaux.
L’opérationnalisation de la région vers laquelle nous allons ne sera pas une « fiction institutionnelle ». Elle repose sur des engagements financiers et techniques concrets :
Le transfert effectif des compétences et des ressources de l’État vers les régions.

Le financement territorial via des outils comme l’ANAFIC, le FNDL et le FODECCON, pour garantir que chaque région ait les moyens de son Schéma Régional d’Aménagement et de Développement (SRAD) ;
Le renforcement des capacités pour que les futurs conseils régionaux soient de véritables managers du territoire.
Mesdames et Messieurs,
Réussir l’opérationnalisation de la région, c’est bâtir une Guinée unie où chaque portion de notre territoire exprime son plein potentiel. Ce n’est pas une simple réforme administrative, c’est un pacte de confiance renouvelé entre l’État et ses populations.
Je vous invite donc à des échanges francs et constructifs pour que, de ces travaux, naisse la feuille de route d’une région guinéenne forte, autonome et prospère.
Vive la décentralisation et le développement local !
Je vous remercie