Monsieur Ibrahima Kalil CONDE, Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a officié ce lundi 22 juin 2026 l’ouverture solennelle de l’atelier national de vulgarisation de la loi organique LO/2025/032/CNT portant régime des partis politiques et autres organisations à caractère politique politique. Monsieur le Ministre à expliquer l’objectif de cette démarche tout en invitant les partis politiques former leurs militants. voici l’intégralité de son discours

Mesdames, Messieurs,
Je prends la parole ce matin pour procéder à l’ouverture officielle de cet Atelier national de vulgarisation de la Loi organique LO/2025/035/CNT du 21 novembre 2025 portant régime des partis politiques et autres organisations à caractère politique.
Mesdames, Messieurs, distingués invités,
Nous sommes réunis ici pour initier une véritable conversation constructive avec la loi, afin de comprendre ce qu’elle exige de nous, ce qu’elle protège en nous et ce qu’elle promet à la démocratie guinéenne.

Guidée par une ambition claire et sans équivoque, la Guinée, sous le magistère de Son Excellence Monsieur Mamadi Doumbouya, Président de la République, Chef de l’État, s’est donnée pour noble mission d’édifier un État plus juste, des institutions plus fortes, plus résilientes et une démocratie plus responsable, débarrassée des tares du passé. Cette ambition ne se décline pas en promesses vaines : elle s’incarne chaque jour dans des réformes d’envergure touchant la gestion des deniers publics, la refondation administrative, la lutte sans merci contre la corruption et l’assainissement de notre espace politique.
En cohérence avec cette vision bâtisseuse, le Gouvernement a résolument fait le choix de la refondation structurelle et équilibrée, préférant la reconstruction solide sur des fondations saines aux arrangements superficiels et éphémères du passé. Nous reconstruisons notre Nation sur le roc inébranlable du droit, de la transparence et de la redevabilité.
Mesdames, Messieurs, distingués invités,

Permettez-moi de partager avec vous, en toute franchise, les convictions profondes qui guident notre action à la tête de ce département ministériel, avec le soutien de mes homologues du Gouvernement et sous l’impulsion de Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement :
• Premièrement, je crois fermement qu’il ne peut y avoir de démocratie digne de ce nom sans des organisations politiques structurées, crédibles, disciplinées et sincèrement dévouées au service de la nation et des citoyens, et non l’inverse.
• Deuxièmement, je crois qu’il ne saurait y avoir de saine compétition démocratique sans l’existence de règles du jeu claires, impersonnelles, équitables et scrupuleusement respectées par tous, indépendamment de l’ancienneté, de la taille ou de l’influence de chaque entité.
• Troisièmement, je crois qu’aucune stabilité sociale ne peut s’inscrire dans la durée sans l’ancrage d’une culture profonde du respect absolu des textes légaux. La loi de la République doit l’emporter sur la convenance personnelle ou corporatiste des acteurs.
C’est fort de ces certitudes politiques et morales que notre département a initié cet atelier de vulgarisation historique.
Mesdames, Messieurs, distingués invités,

Il importe de rappeler de façon solennelle que cette loi n’est pas issue de spéculations administratives ou d’une décision unilatérale et arbitraire de l’exécutif. Elle est l’aboutissement logique et la traduction fidèle d’une recommandation majeure issue des Assises nationales de 2022.
Ces Assises ont constitué un moment de dialogue souverain et de catharsis nationale où les fils et les filles de Guinée se sont parlé franchement, traçant ensemble les contours d’une gouvernance publique restaurée. En promulguant ce texte, Monsieur le Président de la République honore un engagement sacré pris devant le peuple souverain de Guinée et démontre que sa parole n’est pas un vain mot, mais un mandat d’action publique rigoureusement exécuté.
Mesdames, Messieurs, distingués invités,
Cette loi n’a pas été conçue comme un instrument bureaucratique destiné à fragiliser ou à restreindre l’action des partis politiques. Bien au contraire, elle est un acte d’émancipation et de clarification. Elle impose la lumière là où l’opacité s’était trop longtemps installée ; elle consacre la redevabilité là où régnait parfois l’irresponsabilité ; elle réclame la démocratie interne là où les destins individuels avaient parfois confisqué les dynamiques collectives. Loin de contraindre ou d’étouffer les partis politiques, cette loi les libère du soupçon permanent, de l’informalité structurelle et de l’improvisation afin de leur permettre d’assumer dignement leur rôle de corps intermédiaires indispensables à l’équilibre démocratique.
Notre pays vient de franchir un jalon décisif dans son agenda politique à travers la tenue rigoureuse des élections communales et législatives, marquant un retour ordonné et serein à l’ordre constitutionnel, où la souveraineté populaire retrouve son expression légitime à travers des institutions représentatives élues.
Mais je tiens à le dire avec la plus grande clarté : le retour à l’ordre constitutionnel n’est pas l’aboutissement final de notre marche nationale, il en est plutôt la consolidation structurelle. L’œuvre sacrée de refondation de l’État et de rectification institutionnelle se poursuivra avec la même ardeur, la même rigueur et la même intransigeance, car bâtir une Guinée prospère, unie et stable est un chantier de longue haleine qui transcende le calendrier électoral.
C’est précisément pour cette raison que nous avons impérativement besoin de formations politiques fortes, outillées et mûres, dirigées par des femmes et des hommes d’État qui, s’étant approprié la nouvelle loi, sauront se comporter en partenaires fiables de la consolidation démocratique guinéenne.
À cet égard, Mesdames et Messieurs les dirigeants des partis politiques, vos responsabilités devant l’histoire sont immenses :
• Vous devez enrichir et élever le débat républicain par des programmes de gouvernance cohérents et des visions sociétales claires, en rompant définitivement avec les clivages identitaires d’un autre âge.
• Il vous appartient d’assurer la formation de vos militants, de les éduquer à la citoyenneté et de les guider dans la compréhension des grands enjeux nationaux.
• Vous êtes les gardiens de la paix sociale. Il est de votre devoir absolu de préserver la cohésion nationale, de récuser toute forme de violence et de placer l’intérêt de la République au-dessus de toute ambition partisane ou égoïste.
Mesdames, Messieurs, distingués invités,
Les mégaprojets miniers et industriels qui transforment actuellement la physionomie économique de notre pays ne pourront délivrer leur plein potentiel et générer de la richesse pour chaque Guinéenne et chaque Guinéen que si notre environnement sociopolitique demeure stable, pacifique et régi de façon prévisible par la force de la loi. La sécurité juridique et la paix civile sont les préalables indispensables à la prospérité économique.
C’est en cela que je tiens à exprimer ma profonde gratitude à nos partenaires techniques et financiers pour leur appui inestimable à l’œuvre de modernisation institutionnelle de notre pays. Mes remerciements vont également aux facilitateurs et experts mobilisés pour cet atelier, dont les compétences guideront vos réflexions.
Mesdames et Messieurs, unissons nos énergies pour faire de cet atelier national l’acte fondateur d’une Guinée réconciliée avec elle-même, forte de ses lois, respectueuse de ses institutions, où la compétition politique n’est plus une arène d’affrontements fratricides, mais un noble concours d’idées pour le bien-être exclusif de notre peuple.

C’est sur cette note d’espérance et de détermination collective que je déclare officiellement ouverts les travaux de l’Atelier national de vulgarisation de la Loi organique LO/2025/035/CNT portant régime des partis politiques et autres organisations à caractère politique.
Je vous remercie.