La Direction Générale des Affaires Politiques a organisé lundi 22 juin 2026, sous l’égide du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, un atelier national de vulgarisation de la Loi Organique L/2025/035/CNT du 21 novembre 2025 portant régime des partis politiques et autres organisations à caractère politique. Cette rencontre, qui a réuni les acteurs politiques, les institutions de la République, les partenaires techniques et financiers , vise à favoriser une meilleure appropriation des nouvelles dispositions légales encadrant la vie politique nationale. À travers cette initiative, les autorités entendent promouvoir une compréhension partagée de la réforme, renforcer la culture démocratique et consolider les fondements d’une gouvernance politique plus transparente, responsable et conforme aux ambitions de refondation de l’État. A cette occasion, M. Soumaila DIOUBATE, Directeur Général des Affaires Politiques dans son discours de bienvenue a expliqué les innovations de cette nouvelle loi.

C’est avec un profond honneur que je prends la parole ce matin au nom de toute l’équipe de la Direction Générale des Affaires Politiques et en mon nom personnel pour vous souhaiter la plus cordiale bienvenue à cet Atelier National consacré à la vulgarisation de la Loi Organique L/2025/035/CNT du 21 novembre 2025.
Votre présence massive et hautement représentative n’est pas un simple protocole d’usage ; elle constitue, en elle-même, un message d’une éloquence remarquable. C’est dire que lorsqu’il s’agit de poser les fondations de notre destin commun et d’édifier les règles directrices de notre vie démocratique, la Guinée sait s’unir pour ne former qu’un seul bloc, tendu vers l’intérêt supérieur de la Nation.
Mesdames et Messieurs, force est de reconnaître que le dispositif législatif qui régissait jusqu’au 25 novembre 2025 les partis politiques et autres organisations à caractère politique souffrait d’une obsolescence manifeste, peu adaptée à la vitalité de notre démocratie et aux aspirations de notre Nation. Notre espace politique se trouvait ainsi exposé à l’improvisation, à l’informalité et, parfois, à des dérives contraires à la cohésion nationale.
C’est pour remédier à ces dysfonctionnements profonds que le Conseil National de la Transition (CNT) a adopté la Loi Organique L/2025/035/CNT portant régime des partis politiques et autres organisations à caractère politique.

Toutefois, l’adoption d’un texte législatif, aussi rigoureux soit-il, ne constitue que la première étape de l’œuvre réformatrice. Assurer l’appropriation intime de ses dispositions par ceux-là mêmes qui ont vocation à l’incarner est une tâche tout aussi noble et cruciale.
Une loi ignorée de ses acteurs demeure une lettre morte, dépourvue de portée pratique. Une réforme qui n’est pas intériorisée et comprise reste une ambition inachevée. La vulgarisation n’est donc pas un simple exercice d’information ou une formalité de circonstance : elle constitue l’acte solennel par lequel la norme juridique prend corps et s’ancre dans le quotidien de la Nation. Si la loi est la structure de notre architecture démocratique, sa vulgarisation en est l’esprit et le souffle vital.

Je tiens à saluer le leadership de Monsieur le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, dont les orientations ont permis de faire de cette journée de réflexion non pas un exercice académique de lecture passive de dispositions juridiques, mais une plateforme vivante d’échanges directs, de dialogue constructif et d’engagement mutuel. Car une loi comprise et assimilée est une loi naturellement respectée ; et une loi respectée est le vecteur indispensable de la paix et du progrès social.
C’est le lieu de rappeler les principales innovations majeures introduites par cette réforme, qui redessinent en profondeur l’échiquier politique national :
Elle instaure des critères de représentativité nationale exigeants, fondés notamment sur l’implantation réelle des partis et le nombre de leurs membres, tout en encadrant formellement, pour la première fois, les mouvements politiques, les coalitions de partis politiques et les alliances d’opportunité électorale.

Elle impose aux partis politiques des obligations comptables modernes, l’établissement de rapports financiers annuels certifiés et leur soumission systématique au contrôle des institutions compétentes de l’État, notamment la Cour des comptes, mettant ainsi fin à l’opacité financière.
Elle érige la démocratie interne en principe incontournable, en exigeant la tenue régulière de congrès pour le renouvellement des instances dirigeantes, un quota obligatoire d’au moins 30 % de femmes à tous les niveaux de décision, ainsi que la mise en place d’organes transparents de règlement des différends internes.
Elle institue un système équitable d’aide financière de l’État, reposant sur des critères objectifs liés à la représentativité électorale et assorti de mécanismes rigoureux de contrôle budgétaire.
Enfin, elle organise de manière méthodique, dans le respect scrupuleux des droits de la défense, les procédures de suspension administrative, de cessation d’activité et de dissolution, afin d’extirper l’arbitraire de ces moments critiques.
Au cours de nos travaux, nous poursuivrons trois objectifs fondamentaux :
Partager une lecture commune, limpide et rigoureuse des dispositions de cette loi, afin de lever toute ambiguïté d’interprétation ;
Examiner les incertitudes opérationnelles que suscitent les dispositions transitoires vers le nouveau régime légal et y apporter des solutions concertées et pragmatiques ;
Dépasser la contrainte de la loi pour affermir une conviction collective quant au bien-fondé de cette réforme pour l’avenir de la Guinée.
Mesdames et Messieurs,
Une démocratie pérenne ne saurait s’édifier sur la précipitation, la suspicion ou le flou. Elle se bâtit patiemment par le dialogue républicain, le respect inconditionnel des textes de loi et la confiance que chaque acteur inspire par la cohérence constante de ses engagements.
Je ne saurais clore mon propos sans adresser mes vifs remerciements à nos partenaires techniques et financiers pour leur appui précieux et constant dans l’accompagnement de nos réformes institutionnelles.
Je souhaite des échanges riches et constructifs, et que cet atelier soit le point de départ d’une culture politique renouvelée, fondée sur la légalité, l’éthique et l’amour sacré de la patrie.
Je vous remercie.