Monsieur le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, accompagné des membres de son cabinet ainsi des Directeurs et chefs service relevant de son département est passé ce dimache 29 mars 2026 devant les Conseillers nationaux dans la salle des actes. Cette séance de travail stratégique s’est déroulée dans le cadre de l’examen du Projet de Loi de Finances Initiale (PLFI) pour l’exercice 2026.
Dans dans son allocution, M. Ibrahima Kalil CONDÉ, Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a décliné les priorités de son département mais aussi du bilan réalisé en 2025
Il a précisé que le projet de budget que MATD soumet à l’appréciation des conseillers s’élève à 2 953 milliards GNF, dont pour: lire la suite

Titre 2: 72 milliards GNF pour les dépenses de personnel;
Titre 3: 537 milliards GNF en biens et services;
Titre 4: 49 milliards GNF en dépenses de transferts;
Titre 5: 473 milliards GNF en dépenses d’Investissements
avec un Budget d’Affectation Spécial (BAS) de: 1 820 milliards GNF,
dont:
1 171 milliards GNF pour le FNDL et
649 milliards GNF pour le FODECCON;
Malgré une baisse globale de 24% par rapport à 2025, ce budget reste structuré autour de priorités souveraines et non compressibles.
I. 2026: une exigence budgétaire pour un cycle électoral crédible
L’année 2026 est une année électorale majeure, avec l’organisation des élections législatives et communales.
Les acquis de 2025 sont significatifs :
Formation de 21 732 agents électoraux;
Déploiement de la cartographie électorale;
Mise en place du fichier électoral biométrique ;
Nomination de 54 responsables électoraux territoriaux.
Toutefois, la finalisation du processus exige:
L’inscription effective des crédits électoraux dans le budget de la DGE;
La logistique électorale (matériel, transport, sécurisation);
La formation complémentaire et le déploiement des agents.
Le financement du processus électoral constitue une dépense de souveraineté incompressible.

II. Administration territoriale: consolider l’autorité de l’État
En 2025, le MATD a engagé :
L’acquisition de véhicules pour les administrateurs territoriaux;
La construction et réhabilitation d’infrastructures administrative
– L’équipement collectif des services déconcentrés.
Pour 2026, il est impératif de:
Doter les services de crédits de fonctionnement (carburant, entretien, logistique);
Renforcer les infrastructures administratives à l’intérieur du pays;
Améliorer les conditions de vie et de travail des administrateurs;
Vulgariser et renforcer la capacité des acteurs sur la charte de la déconcentration;
Consolider le découpage administratif à l’effet de stabiliser le territoire national.
Sans moyens opérationnels, la déconcentration reste formelle et l’État territorial inefficace.

III. Gouvernance des frontières et sécurité territoriale
La Guinée partage des frontières avec six pays voisins, ce qui impose une vigilance accrue.
Le MATD intervient à travers :
-La Commission nationale des frontières de Guinée:
La coopération transfrontalière;
La matérialisation et la sécurisation des frontières.
Les besoins 2026 concernent:
La célébration de la Journée africaine des frontières,
Le renforcement des missions de terrain pour renforcer la coopération transfrontalière et garantir la paix avec les pays
voisins; La coordination avec les forces de défense et de sécurité
La gestion des frontières est un enjeu de souveraineté, de sécurité et d’intégration régionale.
IV. Gestion des crises humanitaires et des réfugiés,
À travers l’ANGUCH et la CNISR, le MATD assure:
L’assistance aux victimes de catastrophes (4 487 personnes assistées en 2025);
La gestion des flux migratoires et des réfugiés;
La coordination des interventions humanitaires.
Les défis 2026 inciuent:
Le renforcement des capacités d’intervention rapide;
La prise en charge des réfugiés (notamment maliens et burkinabè)
La sécurisation des zones d’accueil.
La stabilité sociale du pays dépend aussi de notre capacité à anticiper et gérer les crises humanitaires.
V. Décentralisation et régionalisation: une réforme structurante
Le MATD poursuit une réforme profonde de la gouvernance territoriale:
Mise en œuvre de la Politique Nationale de Décentralisation et de
Développement Local (LPN-DDL);
Mise en place des Régions comme collectivités territoriales;
Clarification des compétences et renforcement de la planification territoriale.
Un enjeu central demeure:
La mise à disposition effective et à temps des BAS, notamment pour l’ANAFIC.
Un retard dans les transferts compromet l’exécution des projets locaux et la crédibilité de la décentralisation.
VI. Développement local et financement territorial
Le MATD pilote des instruments majeurs:
Le FNDL (1 171 milliards GNF);
Le FODECCON (649 milliards GNF).
Ces ressources doivent permettre:
Le financement des infrastructures locales;
L’amélioration des services sociaux de base;
Le soutien aux initiatives communautaires.
Le développement local est le vecteur direct de réduction des inégalités territoriales.
VII. Cohésion sociale et citoyenneté
À travers la Direction Générale de la Citoyenneté et de la Paix, le MATD a:
Appuyé 170 initiatives de dialogue communautaire;
Mis en place des centres d’éducation civique;
Formé des acteurs à la prévention des conflits.
En 2026, il s’agit de:
Renforcer les actions de prévention des conflits;
Accompagner le processus électoral par sensibilisation; des actions de
Organiser la SENACIP à temps
Consolider la culture de paix.
Sans cohésion sociale, aucune réforme institutionnelle ne peut prospérer.
VIII. Modernisation de l’état civil et l’identification
Le MATD, à travers l’ONECI, poursuit:
La digitalisation de l’état civil;
La mise en place du registre national des personnes physiques (RNPP) et le registre national de l’État civil (RNEC)
Le déploiement de solutions numériques dans plusieurs communes.
En 2025:
Déploiement dans 28 communes;
Organisation d’audiences foraines dans 375 communes
Recensement biométrique à l’échelle nationale.
Un état civil fiable est la base de l’État moderne, de la citoyenneté et du processus électoral.
IX. SIMANDOU 2040: territorialiser la croissance
Le MATD intègre la vision SIMANDOU 2040 à travers :
L’opérationnalisation Cellule d’Exécution du Programme SIMANDOU 2040;
L’alignement des politiques territoriales sur les projets structurants;
La planification spatiale et l’aménagement du territoire.
La transformation économique doit être territorialisée pour être inclusive.
X. Assainissement du paysage socio-politique : encadrement des ONG et des partis politiques
La consolidation de l’État de droit et de la stabilité nationale passe également par un encadrement rigoureux des acteurs socio-politiques.
En 2025, le MATD a engagé :
Le recensement de 10 687 organisations non lucratives;
L’évaluation de 1062 ONG et mouvements associatifs.;
L’évaluation de 208 partis politiques;
La processus de mise en place d’une plateforme digitale de gestion des ONG
Ces actions ont permis de poser les bases d’un assainissement du tissu associatif et politique, en identifiant les structures actives, conformes et opérationnelles.
Pour l’exercice 2026, il est impératif de:
Poursuivre et systématiser l’évaluation des ONG, afin de garantir leur conformité aux exigences légales et leur contribution effective au développement;
Actualiser les lois 013 et 014 sur les ONG et mouvements associatifs
Renforcer le contrôle et l’assainissement du fichier des partis politiques, notamment en matière de transparence financière, de fonctionnement interne et de représentativité;
Accompagner les acteurs à travers :
⚫ des formations sur le cadre légal et les obligations réglementaires;
⚫ un suivi régulier des activités;
Consolider les outils numériques de gestion et de suivi.
Il s’agit d’un enjeu de gouvernance démocratique et de sécurité nationale. Un paysage socio-politique non maîtrisé expose l’État à:
La prolifération d’organisations fictives ou non conformes;
Des risques de manipulation ou de financement opaque;
Des tensions sociales et politiques.
Assainir le paysage socio-politique, c’est renforcer la crédibilité de l’État, sécuriser le processus électoral et consolider la démocratie.
Il nous faut un budget de souveraineté et d’efficacité
Mesdames et Messieurs les Conseillers,

Le budget du MATD n’est pas un budget sectoriel ordinaire. C’est un budget électoral, un budget de présence de l’état, un budget de sécurité territoriale, un budget-de ochésion sociale, un budget de développement local.
Réduire ses moyens, c’est fragiliser la finalisation des actions politiques, la stabilité nationale, la transformation territoriale. Donner au MATD les moyens nécessaires, c’est garantir la continuité de l’État, la réussite des élections et la stabilité de la Nation.
Avant de terminer mes propos, je voudrais remercier très sincèrement son Excellence Monsieur le Président de la République pour sa vision éclairée, Monsieur le Premier Ministre pour son engagement, et l’ensemble des membres du Gouvernement pour leurs soutiens ainsi que les cadres du MATD pour leurs appuis techniques depuis ma nomination au sein du Département.